Dimanche 17 juin 2007
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18:13
Voilà que je rentre, moi aussi...
Ca fait bizarre. Coup de mou et l'excitation d'une nouvelle aventure... Le plus dur est de se dire que c'est terminé. Ou peut être de s'avouer que j'en avais un peu marre.
Je ne suis pas la pierre que je croyais être. Un coeur sous le crâne.
Terminer seul ce qu'on a commencé à deux... c'était trop. Plutôt revenir. Plutôt repartir d'un autre pied. 9 mois c'est long. Je ne nous jette pas des fleurs mais j'élude
les "pourquoi".
Y a aussi que tous ces tours de roues m'ont amené ailleurs... et si je n'ai pas changé, j'ai tout de même grandis, peut être même muris... (?).
14111 km. Le retour ne compte pas car je souhaite reprendre là où je me suis arreté : KUOPIO. Tout s'est décidé 2 heures avant le départ de Liza quand, ne réussissant pas à
trouver une raison honnête de continuer seul, j'ai posé la question à l'envers...
Si tu rentres, que feras tu ? Et beaucoup d'idées sont sorties...
Je rapporte ce petit dialogue interne et franc pour illustrer mon retour "coup de theatre"...
- Blaise, pourquoi tu restes ?
- "sec"
- Blaise, que fais tu si tu rentres ?
- Je passe mon permis moto et fouille les métiers du bois. Je veux savoir construire une maison.
- Blaise, pourquoi tu continues seul ?
- "sec"
- Blaise, pour qui tu continues ?
- Bah... Pour les carreleurs, les sponsors, la Gloire, moi...
- Non Blaise, ce n'est pas sain ! Tu vas être malheureux seul, si tu ne pédales pas pour toi avant tout...
- Oui mais les carreleurs, ceux qui y croit ??!!...
- Pas eux qui pédalent !... Tu leur dois beaucoup mais tu as le droit de souffler si tu veux te dégourdir les jambes...
- Oui mais...
- Pas de mais ! C'est Toi qui décide. Pas les autres. Tu gueules sur tous les toits que tu as grandis, muris, patati et patata et tu finirais ce tour pour la Gloire ? C'est petit
! Et la Finlande, la Scandinavie, tout cela ne va pas bouger !
- Oui mais...
- Ah ! Mais ta gueule, tu vas te prendre en mains oui ou non ???!! La dernière experience ne t'a pas servi de leçon ?...
- Vrai que j'étais minable...
- Bon... Alors agis pour toi. Tu es l'acteur de ta vie. Les autres oui, mais que cela ne t'empeche pas d'être toi, de vivre pour toi. Alors tu y crois, et maintenant, décide
!
- Je veux voir ma maman...
- Tu es sur ?
- Oui
- Alors releve toi et va... Et excuse moi pour le pain dans la gueule mais tu es vraiment trop chiant quand tu hesites !
- Oui mais...
- Eh ! Tu vas pas recommencer ! File maintenant, dégage, tu serais capable de changer d'avis...
- Justement...
- "PAF"
- "Aïe !!..."
Et ces idées, ces envies, cette énergie...
Si je laisse passer tout ça alors ma vie va peut-etre s'étioler, se rassir ?...
J'ai dans la tête et les mains, l'envie de construire... A forcer et se dire que c'est acquis, bien peur de le perdre... Ces mois de voyage, ces mois de vélo n'ont été pour
moi qu'une parenthèse enchantée. Qui n'est pas fermée !! Je pense à ceux qui y ont laissé la raison...
Peut être que seul, je serai allé vers ce point de non-retour...
Ma vie sera sans queue ni tête. Eventuellement un coeur. Le plus imporant est de ne pas oublier de respirer...
Brume sur l'eau du retour. Mer calme. Helsinki Rostock
Et plus tard, dans cette grande et magnifique gare de Berlin... Tout arrive et repart, les amoureux se retrouvent, se séparent... Je suis un peu seul sur mon pilier gris,
peut être même un peu ridicule, à manger mon salami, à la sauvette...
Je suis extenué.
La plus belle ville d'Europe, c'est bien ici !
Certains m'arrêtent ou viennent me parler, me demander si je reviens d'un tour du monde ? Je réponds bêtement qu'ich bin franzose... et que je rentre... En vélo ? Non, en
train !
Je ne peux m'empêcher de dire que j'ai pédalé 9 mois avant de jeter l'éponge. C'est dur. Pas de la honte. Mais toujours l'idée qu'on aurait pu...un peu plus ? plus loin
?...
Voilà plus de 24h que je rentre. C'est pas encore intégré. J'en veux encore. Mes forces dans d'autres projets, d'autres idées...
C'est étrange de retrouver la nuit.
A la vitesse d'un songe, j'ai traversé l'Allemagne. Mon reveil interne me sonne 1h avant le reveil de l'appareil. On est Fresnais, ou on l'est pas...
Les yeux rabougris de sommeil. Ciel bas, il pleut. J'avais prévu de faire les 20 km qui séparent Offenburg de Strasbourg en vélo. Pour la beauté du geste et parceque
j'aurai sans doute besoin de me dégourdire les jambes...
J'ai la bouche platrée de celui qui s'est pas lavé les dents et qui a mangé une tomate pas mure sur un pilier gris de gare...
J'ai appris à Berlin que les White Stripes et les Queens of the Stone Age avaient sorti un album.. Vous auriez pu me prevenir ! Et les autres ? Et au cinema, quoi de neuf
???
Je garde les yeux ouverts, chérie donne pour la paix car moi je veux que tout aille bien, c'est comme ces fumées rouges oranges...
(www.paroles.net/chansons/31841.htm)
Les grandes usines sont déja (encore ?) illuminées... Petits êtres devant des écrans, qui passent la vie...
Rentrer et ne pas se laisser submerger par le "néant" qui étrangle les jeunes. Rebondir. Ne pas laisser de temps au souvenir.
Je ne suis pas revenu. Ma fuite européenne n'est pas terminée. Je voulais juste prendre le thé a la maison. Mais j'y retourne.
5h15. Il fait jour en Allemagne. Moi qui ésperais pédaler dans les maïs, assister au lever du soleil... Ca ne va pas être aussi romantique que prévu...
5h36. Les lumières de la gare de Karlsruhe s'éteignent.
La pluie faiblit. J'ai peut-être une chance ?
Faim. Soif.
Et j'ai pété sur le pont de l'Europe qui relit l'Allemagne à la France car cette Union est une fumisterie.
J'ai retrouvé sans plaisir cette ville où la première chose que l'on voit, ce sont des voitures de flics.
Des afiches UMP des dernières législatives décidément bien tenaces, des pistes cyclables sur lesquelles se garent les voitures...
Des pistes cyclables ? Oui, 500 mètres... pour faire croire à l'étranger. Mais je les connais ces ruses...
Il y a des boulangeries, des cafés... et ces gueules ! Peut-être en ça que je ne vomis pas complètement et que dans le fond je l'aime, cette France !
Ca se goupille bien à la gare. J'arrive et 12 minutes après, train presque direct pour la Bourgogne.
Il pleut sur l'Alsace. Les petites rivières sont en crues, l'Ill a posé des cygnes sur le trottoir.
La SNCF qui a bien du mal aussi ce matin. Qui nous dit que notre train est en
retard. Puis nous amène un TGV puis nous envoie sur un autre quai...
Je suis seul à attendre l'ascenseur, avec mon lourd vélo, mon envie de chier et mon appréhension d'être à la maison dans 3 heures. C'est tellement étrange de parcourir en 3
jours ce qu'on a prit le temps de voir en 9 mois...
Une blague alsacienne. Vous savez ce qu'ils ont planté dans la plaine ? Du maïs ! Comme l'année d'avant et d'avant et d'avant... C'est d'un triste !
Il a du bien pleuvoir car les feuilles sont grasses et foncées...
C'est étrange de se dire que c'est son pays. Parceque j'ai beau rêver de mieux, cela reste le mien... S'exiler... Est ce que cela a un sens aujourd'hui ? Aujourd'hui que
l'on peut bouger si facilement ? Ce n'est pas encore bien clair.
J'écoute la liste des villes où court le train et cela réveille en moi de bons souvenirs... quand même !!
Mais après ces 9 mois... La France me semble bien pauvre, triste et bancale... le retard par rapport à bon nombre de pays est flagrant. Retard ??
J'entends... des réalisations pratiques et esthétiques à l'usage de la population... Une piste cyclable, bleue ou verte, ici et là, champagne et plus rien... Se reposer sur
la Tour Eiffel et le souvenir... le souvenir... Que reste il ?
Certains vicieux crieront qu'il y a maintenant petit "s" au palais.
Un mamie vient de s'asseoir dans le compartiment. De ces mamies qui lisent des magazines d'horreurs où, page après page, ce ne sont que des déscriptions de meurtres,
d'enlèvements, de viols et j'en passe... Je la sents un peu tendue car elle sait que je la regarde en coin...
Elle me dit "merci" quand j'allume le plafonnier, dans le noir des tunnels, je n'aurai pas voulu qu'elle s'imagine des choses...
Je reconnais la route le long du Doubs où nous somes passés dans l'autre vie. Quand on était gros (excuse moi Liza mais ça serre plus à rien de le cacher...) et naïfs...
Nous n'avons pas perdu que des kilos superflus !
Le Jura
Cela me fais penser à la Bulgarie. Au dessus de Sofia, il y a des gorges boiséees et tortueuses où passe un train...
Les joies du train en France, pas d'ascenseurs entre les quais, place prévue dans certains trains mais c'est du bricolage...
La France est une suiveuse... Elle n'innove pas. Il y a dans les trains finlandais (les normaux...) des places prévues pour les vélos, de grands casiers (le tout
verrouillable : ça veut dire que pendant le trajet... on est des civils !), une aire réservée aux enfants avec des LIVRES (pas de TV !), la radio dans les accoudoirs (y a qu'a brancher les
écouteurs...), bref, c'est un plaisir !
Je suis maintenant dans la micheline rouge qui fume et file. Derniere ligne droite. J'adore ces sièges. C'est rustique, ça rebondit, presque je sourirai...
Les boutonneux parlent des notes et de ces "emmerdeurs" de profs... Ils ont l'avantage de paraitre vivants par rapport aux jeunes des pays baltes ou de Finlande... Des
couleurs et du relief.
Sur la banquette, il est écrit "Norddine je t'aime t trop beau".
Les controleurs et autres agents de campagne sont vraiment des kékés...
2 vélos en gare de Nuit St George. Du jamais vu !
Et tous ces gens qui parlent français. Ce matin, en voulant demander au controleur, avant l'arrivée du train s'il y avait un compartiment vélo, j'ai eu un moment de
doute... En quelle langue fallait il lui parler ? Mais il était français, lui aussi...
Les vignes. Quel plaisir ! Les dernières étaient roumaines...
Mon voisin est assis droit, les pieds à plat, les mains sur les cuisses, les yeux fermés, la chemise rose, un tatouage sur le poignet gauche et boit des gorgées d'eau avec
un doigté de princesse...
Un autre, plus loin... Gros. Au poil poivre sel, martéle d'une voix sucrée que les "toxines n'existent pas"...
C'est assez confus.
Beaune. La micheline rouge aux sièges que j'aime tant va me déposer chez moi d'ici peu.
Kuopio - Helsinki - Rostock - Berlin - Offenburg - Strasbourg - Dijon - Chagny - Sampigny les Maranges...
Le Chagny de mon enfance avec son collège rose et son intermarché... (Mais c'est une autre histoire...)
Beaucoup de vent sur les Maranges. J'aime ce coin parceque si on écoute bien, la chanson est belle.
Qu'est ce que cela va nous manquer de ne plus chier sur la souche. De pédaler, changer tous les jours... Mais on y reviendra, on parle déjà
de la suite, l'été prochain, sans doute... A suivre...
Je tiens à m'excuser de ne pas avoir écris ce message dès mon retour mais j'avais besoin de m'en retourner tranquillement... Mais suis je
bien rentré ?
Surtout, surtout... N'essayez pas de
me faire parler. Ne m'assayez pas à une table pour me dire "Raconte". Je ne sais pas parler. Autant cela m'excite d'écrire, autant j'ai pas la case parole complète... Je suis un mauvais
griot.
Par Blaise
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Samedi 16 juin 2007
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22:22
Une fois débarqués, c'est l'enthousiasme. Pistes cyclables, petits bras d'eau.
Barques et gros ferrys au bout de la rue... On est un peu perdus, bien sur, c'est tellement... différent !
On sent qu'on a beaucoup à apprendre au niveau vélo (tous ont un casque...). Autant en Bulgarie, on pouvait passer pour des pionniers, autant là !...
Ils nous sourient pourtant en nous voyant passer, un gars nous applaudit en haut d'un pont !... mais je crois que c'est de la pitié...
Où sont les blaireaux du bateau ? Ils dorment sans doute. Dilués dans la masse ? Au final, doit pas y en avoir plus qu'en France. Question de proportion... Ils étaient tous
en Estonie et sont revenus avec nous (?)...
Cette ville est engageante. Comme quoi, y en a avec et d'autres sans. Tallinn, triste mine, n'aimante pas.
Le lendemain, on visite le musée de Seurasaari (www.nba.fi/en/seurasaari_ra), (www.nba.fi/en/seurasaari_map), (photonature.fr/seurasaari/galeries/seurasaari/).
En plein air, il regroupe différentes habitations traditionnelles en bois de tout le pays. Génial ! Intérieur, extérieur, cela nourrit les rêves les plus fous !
On y apprend que les Finlandais ("avant") construisaient en premier lieu le SAUNA (à feu de bois) dans lequel ils vivaient jusqu'à avoir le temps et l'argent pour
construire une maison. C'était aussi le lieu où les femmes accouchaient et pour garder les malades au chaud...
Un autre pays je vous dis !
Dans le métro. On trouve un journal avec la carte météo.
20°C à Helsinki. +8°C dans le Nord. Ils précisent que la température est positive.
Ca promet !
Et comme c'est calme dans ce métro ! Bon d'accord y a qu'une ligne mais les gens sont détendus, personne ne bouscule, dans l'ordre à l'escalier...
Quand je pense à Paris, c'est la jungle !!
Les mouettes d'ici ont un autre accent que les bretonnes. Pas très discrètes même plutot moqueuses...
On se promène. Des écureuils dans les parcs qui nous suivent comme des pigeons.
Et ces finlandais qui courent, pédalent, volent, rollerent (certains avec des batons)...
Volley sur les petites plages, à deux pas du centre.
On retrouve Arto, notre contact, qui parle modestement finnois, suédois, anglais, français, japonais... et reviens d'un voyage d'un an qui l'a mené jusqu'au Cambodge !
L'occasion d'être un peu guidés dans la ville, de découvrir les "Pirogues de Carélie"(www.saveursdumonde.net/?action=recette_show&id=620&lg=fr) et de connaitre une autre notion de l'Hiver : " Quand
la neige tient, c'est l'Hiver. Quand elle fond, c'est le Printemps".
On repart avec la pluie. Des pistes cyclables nous sortent de l'agglomération (jusqu'à 30 km !!!). On croise un faisan.
C'est assez dingue ces animaux, cette nature si proche et vivante de la ville !
(vous le voyez l'éléphant ?)
La route n'est pas géniale mais on le sait. Tout le monde est dans le sud du pays !
Un gars s'arrête et nous invite chez lui. Ca nous parait louche, d'autant qu'il promet douche et sauna ! Attirés par la possibilité de se laver, on approche tout de même !
Et ce n'est pas un piège, encore moins une blague. "Camping gratuit" qu'il nous dit.
Et même le sauna. On a vue sur le lac et le soleil qui rougeoit. Genre "cul bordé de nouilles", on fait pas mieux...
Le Nord, le Nord... On remonte direction Kuopio. La route traverse des lacs, des forets, des lacs, des forets, c'est magique !
Les nuages, balles de coton posées sur la serre. Tout est immobile. Deux ombres de cyclistes filent...
On dort facilement dans les bois. J'ai moins peur. C'est autorisé. On craint le con mais pas le garde forestier...
(www.ymparisto.fi/download.asp?contentid=25605).
Dire qu'en France on risque la prison...
J'en profite tout de même pour dire que c'est pas parcequ'il y a des bois partout que c'est facile de planter la tente... Il y a parfois tellement de végétation ou de
pierres que ce n'est pas le peine d'y penser... et qu'on pédale longtemps avant de trouver !!
Nature propre.
Nature.
Creux. Bosses. En fait, on prend tous les cours d'eau en travers. C'est un peu casse patte. Mais parfois, à la faveur d'une gibbosité, on voit, au loin, la cime du
large...
Dites, j'y pense là... mais je voulais vous dire...
On croise pas mal de cyclistes. La plupart voyagent seuls et ont un grain (flagrant ou caché...). Je commence à me faire du souci pour la
suite, alors si vous sentez un malaise dans mes écrits, si vous avez un soupçon sur ma santé mentale, je vous en prie, dites le moi. Franchement !... Je veux vivre après le vélo
!
Il n'y a pas de villages. Des (petites) villes (tranquilles), de loin en loin et des maisons éparses. Plus d'épiceries ni boucheries ni boulangeries ni poissoneries ni
cabines (ou alors bien cachées...).
Tout est au super-marché ! Pays moderne !
Maisons sans barrières, souvent des haies. Ca respire la liberté ou du moins la tranquillité.
Après, ce qui est "joie de vivre"... Je ne sais pas.
Par Blaise
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Vendredi 15 juin 2007
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10:25
1 velo au lieu de 2
2 roues au lieu de 4
3 jambes au lieu de 6
4 sacoches au lieu de 8
...
Le 20 Juin 2007
Voila que Liza remballe. Les sacoches sur le velo, le velo dans le bateau (a Helsinki) et vogue vogue vogue jusqu'a Rostock... Le train jusqu'a Hamburg puis Kehl... et longer le Rhin pour Benfeld !
Voila que je rempile. Les sacoches sur le velo, le velo dans le bateau et vogue vogue vogue dans cette mer d'arbres jusqu'au Cap Nord ! Un peu de cote norvegienne pour piquer sur Stockolm, retraverser jusqu'a Bergen, le ferry pour l'Ecosse, descendre, descendre, passer la Manche et rouler la France...
Dis en 4 lignes, ca donne le vertige mais je pense prendre encore 5 a 6 mois pour vivre...
Le pourquoi du comment tout se deroule ainsi n'est pas a developper ici.
Cela n'empechera pas le blog de survivre... meme si je vois ca plutot desert dans les semaines a venir.
Attendez vous a une mise a jour plus lente... que d'habitude !
A bientot !
Par Blaise
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Vendredi 8 juin 2007
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17:24
L'Europe a Bicyclette en Basque, cela donne : EUROPA
BIZIKLETAZ
en Espagnol : EUROPA EN BICICLETA
en Portugais : EUROPA EM BICICLETA
en Italien : EUROPA A BICICLETA
en Grec : EVROPI ME TO PODILATO
en Turc : BISIKLETLE AVRUPA
en Bulgare : EVROPA NA KOLELO
en
Roumain : EUROPA PE BICICLETE
en Romani : EUROPA BICIGLASA
en Ukrainien : IEOUROPA ROVEROM
en Polonais : ROWEREM PIZEZ
EUROPE
en Finnois : PYÖRÄILEMÄSSÄ EUROOPASSA
en Anglais : EUROPE ON
BICYCLE
Par Blaise
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Vendredi 8 juin 2007
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L'Europe a Bicyclette en Basque, cela donne : EUROPA BIZIKLETAZ
en Espagnol : EUROPA EN BICICLETA
en Portugais : EUROPA EM BICICLETA
en Italien : EUROPA A BICICLETA
en Grec : EVROPI ME TO PODILATO
en Turc : BISIKLETLE AVRUPA
en Bulgare : EVROPA NA KOLELO
en
Roumain : EUROPA PE BICICLETE
en Romani : EUROPA BICIGLASA
en Ukrainien : IEOUROPA ROVEROM
en Polonais : ROWEREM PIZEZ
EUROPE
en Finnois : PYÖRÄILEMÄSSÄ EUROOPASSA
en Anglais : EUROPE ON
BICYCLE
Par Liza et Blaise
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Jeudi 7 juin 2007
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11:22
La 1ere nuit. Une vieille nous ouvre une cabane à coté de chez elle où il y a deux lits superposés,
une table et beaucoup de petites bêtes...
En face. La mer.
Entre. Un marecage où 1 million de grenouilles manifestent...
On dort moyen sur la planche mais peut etre mieux que dehors ? (Le pire n'est pas tant qu'on arrive pas à s'endormir avant 23h mais plutôt qu'on est reveillés pour cause de
canicule dans la tente, dès 7h...). Je m'excuse de parler de nos histoires de sommeil. Mais tout part en vrac depuis qu'on file au Nord, cela fait partie du voyage et je me dois de le raconter
!!...
On part doucement et un peu pensifs car la vieille femme a une fille qui a un fils qui a les jambes en "S", se déplace à l'aide de deux cannes. Ils sont d'origine
biélorusse et cette malformation est la conséquence de Tchernobyl (www.sortirdunucleaire.org), (www.criirad.org),
(www.amazon.fr/supplication-Tchernobyl-chronique-monde-lapocalypse/dp/2290343609/ref=pd_bbs_sr_3/171-8822946-7948244?ie=UTF8&s=books&qid=1182772648&sr=8-3)
Un jour, en Terre Indienne, lumière dans la tente. Je crois qu'il est l'heure de boucler les sacoches, plier la tente allez go go go !!... dans le doute je vérifie car Liza
écrase sévère ! Il est 4h du matin. Le jour se lève, les oiseaux élisent leur nouveau président, tout le monde n'est pas d'accord !
C'est justement ce qu'il me fallait non ?!...
En fait, jusqu'à Tallinn, c'est le flou. Il fait chaud et la fatigue s'accumule.
On est perdu dans nos pensées respectives et secrètes. Le 06/06/07, on fête nos 9 mois de voyage et la trouvaille du nom des éditions que je rêve de créer : Les Editions Qui Lu Cru...
Vent de face. On a beau croire que l'on réflechit, à un moment, faut se rendre à l'évidence, on ne peut pas oublier ce souffle dans les oreilles. Et la capitale, le bout du bout
des pays baltes. On cherche le meilleur moyen de loger.
Un groupe de jeunes nous tombe dessus, ils veulent nous vendre tel ou tel auberge de jeunesse. Pas dupes et franchement fatigués, on envoit tout bouler, et finissons au
camping... entre mer et parking ! C'est le camping du port de plaisance. Pas cher mais pas top !
On y est bien, le dortoir est évité... On se met sous le seul arbre pour profiter de son ombre au matin (boussole à l'appui !). Un groupe de russes boit dans un bateau
voisin. Musique, rires gras. C'est un autre monde, une barrière nous sépare.
Chez eux, le port, c'est un manège de grosses voitures conduitent par des filles tristes ou des jeunes blonds dynamiques qui viennent astiquer leurs hors-bords... Ca n'a
pas l'air d'être drôle tous les jours la vie de riche ?!...
Chez nous, au camping. C'est pas beaucoup plus excitant. Madame fait la vaisselle pendant que Monsieur regarde la carte. Il fait frais alors il met sa petite laine. Elle a
finit la vaisselle et le rejoins à la table pliante en plastique. Elle note maintenant, dans son petit carnet, les aventures du jour. Deux voisins audacieux trinquent à la joie de vivre dans leurs
gobelets en plastique.
Au milieu du parking, entre pelouse et bateaux. Le bruit des jet-skis sourdine les oreilles. Le soleil nous fait la finte de se coucher.
On tente péniblement de se faire revenir des oignons sur la poêle. L'alcool à bruler est de mauvaise qualité. L'herbe est fraiche, la bière aussi. On se pinte le haut du
corps, histoire d'oublier que c'est hors de prix de l'autre coté du Golfe.
Alcool... Dans les supermarchés aujourd'hui. Des hordes de Finlandais(es - faut pas croire...) qui éventrent les packs et repartent... en croulant sous le poids. La même
nausée m'étreinds qu'à la frontière ukraino-polonaise. Tout ce tohu-bohu pour de la bibine, des clopes... du fric quoi !!???... Bon dieu, que cela est petit jeu !
Dans ce camping tristoune, nous restons deux jours. J'ai fais réparer mon vélo sur quelques pièces essentielles et Liza relit pour la troisième fois Le chant du Monde de Giono. On glande de la plus belle des manières...
Et certains diront... reprocherons même que nous n'ayons pas vagabondé dans la ville... vieille ville... carton patte et pavés bien cirés. Tallinn que c'est la honte d'en
parler... Et même pas de remords !
Plus envie de me justifier alors acte, prenons le bateau pour Helsinki.
On quitte la pelouse pour le port à ferrys. Longer la plage, quelques kilomètres, la 4 voies, une bande d'herbe, la piste cyclable, la plage, la mer. Le peuple se dore la
pillule.
Que du bonheur !
Un hélicoptère se pose. Une asperge en sort et éclabousse le monde de ses colliers royaux.
Départ en début d'après midi du 10 juin.
Trois heures de traversée, longue et alcoolisée... L'Estonie est encore en vue que certains sont déjà ivres... Par petits groupes... Ca entame les packs achetés plus
tôt.
Avec la gite du bateau, certains ont vraiment la démarche bancale. Les bourgeois fument et ont la sagesse de rester assis.
Ce qui me fais peur, c'est que j'arrivais avec l'idée d'une terre "exemplaire". Démocratie, éducation, santé...
Mais plus on approche et plus...
Ah ! C'est une autre histoire !
Par Blaise
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